
Le ministre qui plia le Portugal par la raison
Expulser les Jésuites, abolir l'esclavage, briser l'Inquisition — et survivre à tout ça
Explorez la ville à pied en résolvant des énigmes basées sur de vrais faits historiques. Pas de salle fermée, la ville est votre terrain de jeu.
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Sebastião José de Carvalho e Melo, premier marquis de Pombal, gouverna le Portugal pendant 27 ans avec une brutalité d'ingénieur. Il reconstruisit Lisbonne en six mois, expulsa les Jésuites du Portugal et du Brésil, fit abolir l'esclavage en métropole, supprima les distinctions de cristãos-velhos et cristãos-novos, et envoya à la mort tous les nobles qui s'opposèrent à lui. Les Lumières en version portugaise : efficaces, autoritaires, implacables. Huit repères de l'Avenida da Liberdade à la rotonde qui porte son nom reconstituent la logique de ce pouvoir sans partage.
« Je n'ai pas fait le bonheur de ce peuple. J'ai fait sa puissance. »— Marquis de Pombal, cité par Camilo Castelo Branco
Nommé secrétaire d'État en 1750, trois ans avant le séisme, Sebastião de Carvalho profita du tremblement de terre pour devenir l'homme indispensable. Le roi José Ier, traumatisé, lui confia tout. Pombal en profita pour broyer ses adversaires politiques. En 1758, après une tentative d'assassinat contre le roi, il fit exécuter publiquement les Távora, une des plus anciennes familles du royaume : le duc d'Aveiro fut roué, son épouse étranglée, leurs enfants obligés d'assister au supplice. L'Inquisition elle-même fut placée sous tutelle royale.
L'année suivante, Pombal expulsa la Compagnie de Jésus de tous les territoires portugais — six ans avant la France, douze ans avant l'Espagne. En 1761, il abolit l'esclavage en métropole (mais pas aux colonies), supprima la distinction entre Juifs convertis et « vieux chrétiens », réforma l'université de Coimbra et fonda les premières écoles laïques du pays. Disgracié en 1777 à la mort du roi, il mourut en exil à Pombal, sa terre, où l'on trouve encore son tombeau et ses bibliothèques. Son grand portrait est celui, encore visible sur l'arc de la Rua Augusta, où il écrase du pied l'Inquisition et le fanatisme.
8 étapes à travers la ville
Le lion à ses pieds serre dans sa gueule un rouleau gravé — les trois mots latins résument sa méthode de gouvernement.
Les quatre faces figurent ses réformes : reconstruction, expulsion, abolition, éducation. L'une d'elles porte une signature d'artiste avec un chiffre romain.
Le buisson sculpté du parc reproduit les armoiries du Portugal — les cinq bouclis (quinas) pointent les cinq pouvoirs que Pombal brisa.
La calçada tracée sur toute l'avenue alterne vagues et diamants : compter les diamants noirs donne l'année d'expulsion des Jésuites.
L'obélisque célèbre la libération de 1640 — sa frise de bronze comporte quatre noms rayés, tous liés à l'affaire Távora.
Ancien siège des Jésuites à Lisbonne, la façade garde encore la trace de leur emblème IHS gratté en 1759 — on peut compter les coups de burin.
Le palais rose de l'ancien propagandiste de l'État Novo fut au XVIIIᵉ siècle un salon où Pombal recevait les ambassadeurs — une porte cochère latérale porte la date de 1777.
Les autodafés de l'Inquisition se tenaient au pied de l'actuelle colonne — un cercle sombre dans la calçada marque l'emplacement des bûchers abolis par Pombal.
27 ans de réformes implacables sous José Ier.
Le Portugal, premier État d'Europe à bannir la Compagnie.
Une noblesse brisée en place publique pour asseoir le pouvoir royal.
Ratio et imperium
La raison et l'empire — deux mots latins pour une vie de pouvoir
Exhumez le dossier secret de l'affaire Távora en remontant l'avenue que Pombal a tracée.