
Un homme, quatre poètes, une ville
Dans les cafés du Chiado, un employé de bureau inventa quatre écrivains plus vrais que lui
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Fernando Pessoa, employé de bureau né à Lisbonne en 1888, n'écrivit presque rien sous son nom. Il inventa à la place soixante-douze hétéronymes — pas des pseudonymes mais des poètes complets, avec biographies, styles, horoscopes et polémiques entre eux. Quatre sont majeurs : Alberto Caeiro le naturaliste païen, Ricardo Reis le latiniste stoïque, Álvaro de Campos l'ingénieur futuriste, et Bernardo Soares l'auteur du Livre de l'intranquillité. Huit traces gravées dans le Chiado relient les cafés où chacun aurait écrit son œuvre.
« Je ne suis rien. Je ne serai jamais rien. Je ne peux vouloir être rien. À part ça, j'ai en moi tous les rêves du monde. »— Álvaro de Campos (hétéronyme de Pessoa), « Tabacaria »
Le 8 mars 1914 reste dans l'histoire portugaise comme o dia triunfal. Ce jour-là, Fernando Pessoa s'approcha d'une commode haute, posa une feuille blanche, et écrivit d'un trait trente-cinq poèmes sous le nom d'Alberto Caeiro — un berger païen qu'il n'avait jamais imaginé. Puis, dit-il, il écrivit six poèmes sous le nom de Ricardo Reis, et deux sous celui d'Álvaro de Campos. En une journée, quatre écrivains venaient d'exister. Pessoa passa le reste de sa vie à les faire dialoguer et s'affronter dans les revues littéraires.
Mort en 1935 à 47 ans, il laissa une malle de 27 543 feuilles non classées. Le Livre de l'intranquillité, son chef-d'œuvre par Bernardo Soares, ne fut publié qu'en 1982. Aujourd'hui, la statue assise à la terrasse d'A Brasileira — le café où Pessoa prenait son absinthe du matin avant d'aller à son bureau de correspondant commercial — est la plus célèbre du Chiado. Les lecteurs y posent encore un café imaginaire face à lui, comme s'il était en train d'écrire une page pour Caeiro, Reis ou Campos.
8 étapes à travers la ville
La plaque sous la chaise en bronze porte une date cachée parmi les chiffres de la dédicace — elle désigne le premier hétéronyme.
Les deux poètes du Largo encadrent le café : leurs regards se croisent sur une fenêtre du premier étage qui marque le bureau du jeune Pessoa.
La plaque commémorative rappelle la naissance de Pessoa au 4º étage de l'immeuble en face — les dates romaines forment un anagramme.
La devanture de la plus vieille librairie du monde (1732) porte une liste d'auteurs : l'ordre alphabétique est cassé à un endroit précis.
Le café où Pessoa écrivait sous l'arcade garde sur sa vitrine une reproduction manuscrite de « Tabacaria » — un mot a été remplacé.
La rue où travaille Bernardo Soares dans le Livre de l'intranquillité — une plaque au numéro 84 indique la fenêtre du deuxième étage d'où il « voit l'absence ».
L'église où Pessoa fut baptisé porte un registre fac-similé sur le mur extérieur — une date y est rayée par une plume plus récente.
La façade rose de la maison où Pessoa vécut ses quinze dernières années porte un vers gravé — c'est la signature qui résout les quatre hétéronymes.
Caeiro, Reis, Campos et Soares — les hétéronymes majeurs reconstitués.
A Brasileira, Martinho da Arcada — les bureaux d'un employé qui écrivait l'éternité.
Le 8 mars 1914, quatre écrivains naissent en une journée.
Ser plural como o universo
La règle qu'un homme seul s'était donnée pour devenir foule
Percez l'identité secrète qui réunit les quatre poètes de l'homme unique du Chiado.