
Le dernier quartier arabe de Lisbonne
Al-Ḥamma — les sources chaudes — là où la ville oublia Rome et devint arabe
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Avant d'être le quartier du fado, l'Alfama fut pendant 400 ans al-Ḥamma — les sources chaudes — le cœur mauresque d'une ville arabe appelée al-Ushbūna. Ses ruelles ne descendent pas vers le Tage par hasard : elles épousent les courbes de l'aqueduc romain que les Maures entretinrent jusqu'en 1147, date à laquelle le croisé Alfonso Henriques prit la ville avec l'aide de marins anglais et flamands. Les derniers musulmans restèrent en paix sous les Portugais pendant trois siècles. Huit indices, lovés entre fontaines mauresques et églises chrétiennes, conduisent à la clé oubliée du quartier.
« Ô Lisbonne, toi qui fus si grande sous la main d'Allah. »— Al-Bakri, géographe arabe du XIe siècle
Entre 711 et 1147, Lisbonne fut une ville arabe. Les Omeyyades puis les Almoravides en firent un port de commerce avec l'Afrique du Nord, Séville et Cordoue. Al-Idrisi la décrit comme une cité aux murailles blanches, aux jardins d'agrumes et aux bains publics. L'Alfama est le seul quartier où tout cela est encore lisible : les ruelles suivent le tracé des canalisations mauresques, les fontaines de quartier portent encore les bassins originaux, et les minuscules places intérieures sont d'anciennes cours de maisons à patio.
Le 25 octobre 1147, Alfonso Henriques, premier roi du Portugal, prit la ville après 17 semaines de siège, avec l'aide de 13 000 croisés flamands, anglais et allemands en route pour la Terre sainte. Les derniers musulmans, appelés mouros forros, purent rester et conservèrent leur religion jusqu'en 1497. L'Alfama tira son nom d'al-Ḥamma, « les sources chaudes », nom des thermes arabes qui alimentaient le quartier bas. Le fado, chant du port et des absents, naquit ici au XIXᵉ siècle dans les tavernes où l'on chantait en portugais sur des airs hérités des cantigas mozarabes.
8 étapes à travers la ville
La vieille fontaine publique garde un bassin mauresque et sept bouches de bronze — les trois les plus anciennes alignent une lettre arabe.
Les pierres murées de cette impasse cachent un linteau wisigothique recyclé — sa croix latine et son croissant mauresque se superposent.
La plus ancienne fontaine publique de Lisbonne, datée de 1487, porte cinq robinets : chacun correspondait à une communauté — le quatrième était celui des mouros forros.
Le passage couvert dessine un arc en fer à cheval parfait : l'ombre portée à midi trace un chiffre sur le mur opposé.
Sur le mur extérieur, les vers gravés d'une cantiga du XIIIᵉ siècle nomment une taverne maure disparue — son emplacement est donné par le pavement.
Le dôme du Panthéon national, terminé après trois siècles de travaux, cache sur sa balustrade les noms des quatre croisés étrangers de 1147.
Les azulejos extérieurs du monastère racontent le siège de 1147 — l'un des panneaux porte un minaret encore debout qui indique le dernier acte.
Depuis la terrasse fleurie, on devine sous les toits rouges le plan d'al-Ushbūna — cinq axes convergent vers l'endroit exact du dernier bain public maure.
Quatre siècles de présence arabe inscrits dans le tracé des ruelles.
Là où les cantigas mozarabes devinrent le chant des marins et des absents.
Chafariz de Dentro, Chafariz d'El-Rei et la mémoire des bains chauds.
Al-Ḥamma
Les sources chaudes dont on oublia le nom arabe en le gardant
Dévoilez le dernier bain public d'al-Ushbūna enfoui sous les ruelles de l'Alfama.