
Le neurologue qui ouvrit les crânes et les angiographies
Un neurochirurgien, un Prix Nobel, une ombre sur la médecine moderne
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En 1949, un médecin portugais de 75 ans reçoit le Prix Nobel de médecine pour avoir inventé la lobotomie préfrontale, une opération qu'on présenterait aujourd'hui comme une torture. Pourtant, ce même homme — António Egas Moniz — avait auparavant inventé l'angiographie cérébrale, découverte qui révolutionna la neurochirurgie et sauva d'innombrables vies. Un seul homme, deux inventions, une gloire et une honte posthume. Huit repères du quartier de l'Estrela retracent l'ascension et la chute morale du premier Nobel portugais.
« L'homme normal doit être capable de vivre et de lutter dans la société. S'il n'en est pas capable, je préfère sa paix mentale. »— Egas Moniz, Tentatives opératoires dans le traitement de certaines psychoses, 1936
Né en 1874 à Avanca, près de Porto, António Caetano de Abreu Freire — qui prit comme nom de plume « Egas Moniz », du nom d'un héros médiéval — fut à la fois médecin, député, ambassadeur et ministre des Affaires étrangères. Il signa pour le Portugal le traité de Versailles en 1919. Revenu à la médecine, il inventa en 1927 l'angiographie cérébrale — une technique d'injection d'un produit de contraste qui permit pour la première fois de voir les vaisseaux du cerveau d'un patient vivant. Cette découverte fit de lui le fondateur de la neurologie moderne.
En 1935, inspiré par une conférence américaine, il pratiqua avec son assistant Almeida Lima la première leucotomie préfrontale : on sectionnait les connexions entre le cortex préfrontal et le thalamus pour « calmer » les patients psychiatriques. En 1949, ce protocole lui valut le Prix Nobel de médecine. Des dizaines de milliers de lobotomies furent pratiquées dans les années 1950 dans le monde — souvent sur des femmes, des homosexuels, des enfants. Dans les années 1970, la pratique fut universellement abandonnée. Egas Moniz, paralysé par un tir d'un de ses propres patients, mourut en 1955 au 100 Rua Rodrigo da Fonseca — la maison est toujours debout.
8 étapes à travers la ville
Les deux tours de la basilique reine Maria Ier encadrent un médaillon allégorique de la Médecine — trois symboles alchimiques désignent un médicament historique.
Le kiosque à musique en fer forgé porte une inscription datée de 1900 : la séquence de rivets compte les années entre Egas Moniz et son Nobel.
Devant le portail monumental, une plaque rappelle les personnalités enterrées : le nom d'un neurochirurgien y est gravé avec une mauvaise initiale.
Les grilles du parlement — où Egas Moniz fut député — portent les armes de la Ire République : un encoche au centre indique l'année de son ministère.
Le palais rose du ministère des Affaires étrangères — poste qu'occupa Egas Moniz en 1918-1919 — cache dans son fronton la date de Versailles.
L'immeuble où Egas Moniz mourut en 1955 porte une discrète plaque de bronze — les dates de naissance et de mort, lues à l'envers, forment un chiffre.
L'institut fondé en 1892 porte le nom du bactériologiste tué par la peste en 1899 — un médaillon de bronze le représente à côté d'un vide laissé pour son successeur.
La faculté où Egas Moniz enseigna garde un buste de bronze : son socle porte une liste des Nobel portugais — elle est plus courte qu'on ne le pense.
1927, la technique qui fit voir le cerveau vivant pour la première fois.
Le premier prix Nobel portugais — et le plus contesté.
Un parcours qui interroge la frontière entre science et violence.
Un homme, deux inventions
L'angiographie qui sauva — la lobotomie qui détruisit
Élucidez les deux visages du premier Nobel portugais entre la Basilique et la Rua Rodrigo.