
Matera et la mémoire de la roche
Sept niches murées avant la Honte de 1952
Ses Sassi — quartiers de maisons-grottes creusées dans le calcaire — abritaient 15 000 personnes en 1952, avant l'évacuation forcée que l'on appela « la Honte de l'Italie ». Avant de partir, les derniers habitants auraient muré dans sept niches les objets qui définissaient leur civilisation millénaire. Ethnologues et archéologues cherchent toujours.
« La vergogna nazionale. »— Palmiro Togliatti au Parlement, 1948
Les grottes de Matera sont habitées sans interruption depuis le Paléolithique. Grecs, Romains, Byzantins, Lombards et Normands s'y succèdent, et les moines basiliens fuyant les iconoclastes byzantins creusent plus de 150 églises rupestres dans les parois des Sassi et du plateau de la Murgia entre le VIIIe et le XIIIe siècle. Le labyrinthe grandit en palimpseste : chaque étage de grottes, chaque escalier, chaque citerne superpose une nouvelle civilisation.
Au XXe siècle, les Sassi deviennent un symbole d'extrême pauvreté : familles de dix personnes, âne compris, dans une seule pièce creusée sans fenêtre. En 1945, Carlo Levi publie Le Christ s'est arrêté à Éboli et dénonce l'horreur sanitaire. En 1952, la loi Medici évacue 15 000 habitants vers des quartiers neufs. Les Sassi restent vides trente ans, avant d'être classés à l'UNESCO en 1993, de devenir Capitale européenne de la Culture en 2019, et de servir de décor à Mel Gibson, James Bond et Wonder Woman.
3 étapes à travers la ville
Repérez les sept silhouettes alignées sur le panorama du Sasso Barisano.
Identifiez les fresques basiliennes et les marques laissées par les derniers habitants.
Reliez les indices et localisez la septième niche murée en 1952.
Une ville verticale creusée dans le calcaire des Murgia.
150 églises creusées par les moines basiliens.
Le dépôt secret des derniers habitants avant 1952.
Memoria petrae
La roche se souvient
Les Sassi vous écoutent. Réservez votre traversée de Matera.