
L'Inquisition espagnole en Galice — hérétiques, juifs cachés et bûchers
Personne ne s'attendait à l'Inquisition espagnole à Compostelle. Et pourtant, elle y a sévi pendant trois siècles — traquant les juifs convertis, les hérétiques et les sorcières dans les rues mêmes où priaient les pèlerins.
Compostelle est une ville de lumière — cathédrale, pèlerinage, foi universelle. Mais toute lumière projette une ombre. Pendant trois siècles, le Tribunal de l'Inquisition de Galice a siégé ici, jugeant les conversos (juifs convertis suspectés de pratiquer en secret), les protestants et les accusés de sorcellerie.
« La foi qui ne tolère pas le doute n'est pas de la foi — c'est de la peur. Et la peur brûle. »— Attribué à un accusé devant le Tribunal de Galice, XVIe siècle
L'Inquisition s'installe en Galice en 1574, avec un tribunal basé à Santiago. Sa mission : traquer les conversos — les juifs convertis au catholicisme dont on soupçonne qu'ils pratiquent encore leur ancienne religion en secret. La Galice, port d'entrée vers l'Europe, est un lieu stratégique.
Les auto-da-fé — cérémonies publiques où les condamnés sont exhibés et parfois brûlés — se déroulent sur la Plaza de la Quintana, juste derrière la cathédrale. Les accusés portent le sanbenito, tunique d'infamie, et sont promenés dans les rues.
Le Tribunal de Galice condamne aussi des marins protestants anglais et hollandais capturés au large, des accusés de sorcellerie (les meigas, sorcières galiciennes), et quiconque est dénoncé par un voisin. L'Inquisition sera abolie en 1834 — mais les sanbenitos restèrent accrochés aux murs des églises pendant des décennies, rappelant aux familles leur honte éternelle.
4 étapes à travers la ville
Cette place majestueuse, divisée en deux niveaux — la Quintana de Mortos (des morts) et la Quintana de Vivos (des vivants) — fut le théâtre des auto-da-fé. Les noms ne sont pas métaphoriques.
La Porte Sainte, ouverte uniquement les années jacquaires, donnait sur la Quintana — là même où brûlaient les condamnés. Le paradoxe est vertigineux : la porte du pardon surplombait la place du châtiment.
Cette rue à arcades abritait les commerces des juifs convertis — les conversos. Soumis à une surveillance constante, ils devaient prouver leur sincérité chrétienne tout en étant soupçonnés de « judaïser » en secret.
Les Dominicains — l'ordre fondateur de l'Inquisition — occupaient ce couvent gothique. Aujourd'hui musée, il garde les arcades sous lesquelles les inquisiteurs marchaient en réfléchissant aux verdicts du lendemain.
L'envers du décor de la ville sainte — les bûchers, les procès, la peur.
Retrouvez les traces des juifs convertis de Galice — une communauté disparue mais pas effacée.
Le jeu vous confronte aux choix impossibles des accusés : abjurer ou mourir ?
Du couvent dominicain à la Plaza de la Quintana, un parcours dans le plus beau patrimoine gothique de Galice.
Toute ville sainte a un envers. Celui-ci sent le soufre.
Entrez dans l'ombre. Affrontez le Tribunal.
L'histoire que les guides ne racontent pas — l'Inquisition au cœur de la plus sainte des villes d'Espagne.