
L'eau secrète de Constantinople
Sous la ville, un réseau hydraulique millénaire
La Citerne Basilique (532) et ses 336 colonnes ne sont que la partie visible d'un réseau hydraulique colossal. L'aqueduc de Valens amenait l'eau sur 250 km depuis la forêt de Belgrade. Huit colonnes portent des marques différentes des autres — des repères d'ingénieurs byzantins qui encodent la carte complète du réseau perdu.
« Sous Constantinople, il y a une autre Constantinople. »— Petrus Gyllius, explorateur français, 1545
Justinien fait construire la Citerne Basilique en 532 pour alimenter le Grand Palais. Ses 336 colonnes, récupérées de temples antiques, soutiennent des voûtes en briques sur 9 800 m². Deux d'entre elles reposent sur des têtes de Méduse — l'une retournée, l'autre de côté — dont personne ne connaît la raison.
L'explorateur français Petrus Gyllius redécouvre la citerne en 1545 en suivant des habitants qui puisaient l'eau à travers le plancher de leurs maisons. À côté, la Citerne aux 1001 Colonnes (Binbirdirek) et la Citerne de Philoxenos (Şerefiye) forment un triangle hydraulique souterrain. L'ensemble pouvait stocker 100 000 tonnes d'eau.
8 étapes à travers la ville
L'une inversée, l'autre de côté : leur orientation encode un angle cardinal.
Les yeux gravés dans la colonne humide pleurent un chiffre.
Les deux étages de l'aqueduc du IVe siècle portent des marques de niveaux.
La seconde citerne, ses 224 colonnes doubles et le chiffre de Philoxenos.
La troisième citerne et ses colonnes corinthiennes complètent le triangle.
Le point zéro de l'Empire romain d'Orient mesure la distance au premier bassin.
Les mosaïques au sol du VIe siècle montrent un hippocampe qui pointe vers l'eau.
Le triangle des trois citernes converge vers un bassin jamais retrouvé.
100 000 tonnes d'eau sous la ville.
Un parcours souterrain unique au monde.
Pourquoi les têtes sont-elles inversées ?
Yerebatan
Sous la ville, une autre ville dort
Plongez dans les citernes oubliées de Constantinople.