
L'Ampoule sacrée, Jeanne d'Arc et 33 couronnements
Trente-trois rois de France furent sacrés à Reims. La Sainte Ampoule, contenant l'huile sacrée envoyée par Dieu, fut brisée pendant la Révolution. Mais l'a-t-elle vraiment été ? Jeanne d'Arc mena Charles VII ici en 1429 — et le secret de l'Ampoule survécut peut-être grâce à elle.
La cathédrale de Reims est le lieu le plus sacré de la monarchie française. Pendant huit siècles, de Louis VIII à Charles X, les rois de France y furent sacrés avec l'huile de la Sainte Ampoule — une fiole que la légende dit apportée du ciel par une colombe lors du baptême de Clovis en 496. Ce rituel faisait du roi un être quasi divin. La Révolution brisa l'Ampoule en place publique — mais des témoins affirment que le curé de Saint-Remi en sauva des fragments.
« Gentil dauphin, venez à Reims recevoir votre digne sacre. »— Jeanne d'Arc à Charles VII, 1429
En 496, Clovis, roi des Francs, est baptisé à Reims par l'évêque Remi. La légende raconte qu'une colombe descendit du ciel portant une ampoule d'huile sainte. Cette Sainte Ampoule devint le fondement sacré de la monarchie française — seule l'huile de Reims pouvait faire un roi légitime.
En 1429, Jeanne d'Arc, après avoir libéré Orléans, conduit Charles VII à Reims pour son sacre. C'est l'acte décisif qui légitime le roi face à la prétention anglaise. L'Ange au Sourire de la cathédrale, chef-d'œuvre de la sculpture gothique, est dit avoir souri à Jeanne ce jour-là.
Le 7 octobre 1793, la Convention ordonne la destruction de la Sainte Ampoule. Le représentant Rühl la brise sur la place publique. Mais le curé Louis Seraine aurait secrètement prélevé des fragments avant la cérémonie. Ces fragments furent utilisés pour le sacre de Charles X en 1825 — le dernier sacre de l'Histoire de France.
5 étapes à travers la ville
L'Ange au Sourire, sculpture gothique du XIIIe siècle, accueille les visiteurs avec un sourire énigmatique. Mutilé pendant la Grande Guerre, restauré pierre par pierre, il garde un secret dans le pli de sa robe — un motif que les tailleurs de pierre ajoutèrent lors de la restauration et qui ne figurait pas sur l'original.
Le Palais du Tau, résidence de l'archevêque, abritait le banquet du sacre. La salle conserve le trésor de la cathédrale — calice du sacre, manteau royal, reliquaire de la Sainte Ampoule. Ce reliquaire est vide depuis 1793. Mais ses ornements portent des inscriptions que personne n'a jamais publiées.
La basilique abrite le tombeau de saint Remi, l'évêque qui baptisa Clovis. C'est ici que la Sainte Ampoule était conservée avant chaque sacre. Le parcours entre la basilique et la cathédrale — le « chemin du sacre » — suit un tracé précis dont les étapes correspondent à des symboles liturgiques codés.
La Porte de Mars, plus large arc romain du monde (33 mètres), témoigne de l'importance de Reims depuis l'Antiquité. Ses bas-reliefs montrent les douze mois de l'année — un calendrier romain dont les symboles furent réinterprétés au Moyen Âge pour coder les dates des sacres.
Sous la Place du Forum, le cryptoportique gallo-romain est l'un des rares vestiges de la Reims antique. Ces galeries souterraines servaient de lieu de réunion et de marché. Pendant la Révolution, certains prêtres s'y réfugièrent. Les murs portent des graffitis superposés — romains, médiévaux et révolutionnaires — dont la lecture croisée révèle le sort final de la Sainte Ampoule.
Revivez huit siècles de sacres dans la cathédrale des rois.
Suivez les pas de Jeanne d'Arc jusqu'au sacre de Charles VII.
Enquêtez sur le destin de la relique la plus sacrée de France.
Explorez le cryptoportique et la Porte de Mars, vestiges gallo-romains.
Trente-trois rois, une ampoule, un secret éternel.
Retrouvez la Sainte Ampoule perdue dans les rues de Reims.
De l'Ange au Sourire au Palais du Tau, de la basilique Saint-Remi au cryptoportique — percez le mystère de la Sainte Ampoule dans un escape game au cœur de la ville des sacres.