
Quand un fleuve asséché devint la plus grande utopie architecturale d'Europe
En 1957, une crue du Turia dévasta Valence. La ville détourna le fleuve et transforma son ancien lit en un parc de neuf kilomètres. À son extrémité, Santiago Calatrava et Félix Candela bâtirent un complexe futuriste de science et d'art qui semble venu d'une autre planète.
Valence avait toujours vécu avec le Turia — et contre lui. Depuis des siècles, le fleuve inondait régulièrement la ville. La Grande Crue du 14 octobre 1957 fut la dernière : l'eau monta à trois mètres dans le centre-ville, tuant plus de quatre-vingts personnes. Franco décida alors de détourner le Turia au sud de la ville. L'ancien lit fluvial, large de deux cents mètres et long de neuf kilomètres, devint le plus grand parc urbain d'Espagne — et l'emplacement d'un projet visionnaire.
« La Cité des Arts et des Sciences n'est pas un ensemble de bâtiments — c'est un organisme vivant posé sur l'eau, comme un squelette de baleine échoué dans un ancien fleuve. »— Devant l'Hemisfèric, dont l'œil géant s'ouvre sur l'eau à la tombée du jour
Le 14 octobre 1957, après des pluies torrentielles, le Turia sort de son lit et inonde Valence. C'est la pire catastrophe naturelle de l'histoire de la ville. Le Plan Sur de 1958-1969 détourne le fleuve par un nouveau lit au sud. L'ancien lit est d'abord destiné à devenir une autoroute, mais la mobilisation citoyenne — le mouvement « El Riu és nostre » — sauve l'espace qui deviendra le Jardín del Turia.
En 1991, le gouvernement valencien lance un concours international. Santiago Calatrava, enfant de Valence, remporte le projet. Il dessine un ensemble de bâtiments organiques posés sur des bassins d'eau : l'Hemisfèric (un œil géant abritant un cinéma IMAX), le Musée des Sciences Príncipe Felipe (un squelette de dinosaure de verre), l'Umbracle (un jardin-promenade de paraboles blanches), le Palau de les Arts Reina Sofía (un casque de chevalier futuriste) et l'Àgora.
La Cité des Arts et des Sciences, achevée progressivement entre 1998 et 2009, est devenue le symbole de la Valence contemporaine. Controversée pour son coût — plus d'un milliard d'euros — elle a néanmoins transformé l'image de la ville et attiré des millions de visiteurs. L'Oceanogràfic, le plus grand aquarium d'Europe, conçu par Félix Candela, complète cet ensemble qui fait de Valence l'une des villes les plus photogéniques du monde.
4 étapes à travers la ville
L'Hemisfèric ressemble à un œil humain posé sur l'eau. Sa paupière de béton s'ouvre et se ferme. La nuit, il se reflète dans le bassin et forme un œil complet — le regard de Valence vers l'avenir. C'est ici que commence votre enquête.
Ce bâtiment de 40 000 m² ressemble au squelette d'un dinosaure — ou à la carcasse d'une baleine échouée dans le lit du Turia. Ses structures de béton blanc et de verre filtrent la lumière méditerranéenne comme les os filtrent la moelle.
L'Umbracle est un jardin-promenade abrité par des arcs paraboliques de béton blanc. Entre les palmiers et les bougainvilliers, des sculptures contemporaines ponctuent le parcours. C'est un cloître du futur, ouvert sur le ciel valencien.
Ce bâtiment de 75 mètres de haut, coiffé d'une crête d'acier qui pèse 3 000 tonnes, ressemble à un casque de chevalier médiéval — ou au crâne d'un animal préhistorique. Il abrite quatre salles de spectacle et un toit-terrasse avec vue sur toute la Cité.
Comprenez la logique organique des bâtiments de Calatrava — os, yeux, ailes, squelettes — et ce qu'ils disent de Valence.
L'histoire du Turia — des crues dévastatrices à la création du plus grand parc urbain d'Espagne.
Des structures qui défient la gravité, des volumes impossibles — la Cité des Arts est un cours d'ingénierie à ciel ouvert.
La lumière de Valence transforme les bâtiments blancs en mirages. Au coucher du soleil, la Cité prend des teintes d'or et de rose.
Un fleuve qui s'est réinventé en utopie.
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